Citoyen Consul,
Votre lettre
m’a été transmise par le citoyen Leclerc, votre beau-frère, que vous avez nommé
capitaine-général de cette île : titre qui n’est point reconnu par la
constitution de Saint-Domingue. Le même messager a rendu deux enfants innocents
aux embrassements et à la tendresse de leur père. Mais quelques chers que me
soient mes fils, je ne veux point avoir d’obligation à mes ennemis, et je les
renvoie à leurs geôliers.
Les forces destinées à faire
respecter la souveraineté du peuple français ont aussi effectué une descente ;
elles répandent partout le carnage et la dévastation. De quel droit veut-on
exterminer, par le fer et par le feu, un peuple grossier, mais innocent ? Nous
avons osé former une constitution adaptée aux circonstances. Elle contient de
bonnes choses, comme vous en convenez vous-même ; mais il s’y trouve aussi,
dites-vous, des articles contraires à la souveraineté du peuple français. En
quoi consiste donc cette souveraineté ? Quelle est son étendue ? Doit-elle être
sans mesures et sans limites ?
Saint-Domingue, cette Colonie,
qui fait partie intégr


