Le créole haïtien n'est pas du « français mal parlé ». Une grande partie de son vocabulaire sacré vient directement des langues du Bénin, du Nigéria et du Togo, transportée par les captifs déportés à Saint-Domingue (Haïti) aux XVIIe et XVIIIe siècles. Le français a fourni le vocabulaire du quotidien. L'Afrique a, en réalité, fourni l'âme.
Voici 30 mots qui en témoignent :
1. Accra — de l'éwégbé akra : beignets frits de légumes ou de morue. Un mot éwé pour un plat du quotidien haïtien, et antillais en général.
2. Adyahountò — du fongbé hun (esprit) + tò (grand, père) : « père des esprits ». Nom du plus grand tambour sacré du rite Rada.
3. Ago — du fongbé ago : « attention ! », « gare ! » Exclamation rituelle pour demander permission d'entrer dans un espace sacré. Même forme, même sens, deux continents.
4. Akbadja — de l'éwégbé du Togo, Bénin et sud-ouest du Nigéria : rythme et danse intégrés dans le répertoire vodou haïtien. La musique a traversé l'Atlantique avec ses danseurs.
5. Aousa (Haoussa) — du nom du peuple haoussa, présent principalement au nord du Nigéria et au Niger : désigne en créole haïtien quelqu'un qui soutire de l'argent ou des biens par des moyens détournés, souvent mystiques. Glissement classique d'un ethnonyme vers un nom commun péjoratif.
6. Asson — du fongbé ason : crécelle sacrée en calebasse garnie de vertèbres de serpent. Objet et mot viennent directement des temples Vodun du Dahomey (Bénin).
7. Assotor — du fongbé : le plus grand tambour sacré du Vodou haïtien, plus grand encore que l'adyahountò. Instrument rituel exceptionnel, il ne résonne que lors des cérémonies les plus importantes. Racine aso directement liée aux instruments rituels fon du Dahomey (Bénin).
8. Ayibobo — de
