Quand nous avons de véritables hommes de gouvernement à la tête de l'Etat, gardons-les. Ne les changeons point. Ne les changeons ni contre des espérances qui peuvent être trompeuses, ni contre de futures marionnettes. 
Ne lâchons point la proie pour l’ombre ! 
Je n'ai point voulu laisser amoindrir, défigurer, travestir l'œuvre des hommes d'Etat à qui, depuis trois ans, nous avons confié la mission sainte de diriger nos destinées, de relever le nom haïtien, de veiller au salut de la patrie. 
Ce sont des hommes de gouvernement. 
Et leurs noms iront dans la postérité avec ceux des sublimes fondateurs de notre indépendance entourés de la même auréole de gloire. 
Et, dans deux siècles, la mémoire des uns et le souvenir des autres seront bénis par un grand peuple : le peuple haïtien.
VIVE HAÏTI !... 
Vive la fille ainée de la race noire !... 
Paris, 4, rue de l'Ecole-de-Médecine. 
Ce 11 Octobre 1882.